Nha Fala Ma Voix, mon destin, ma vie, mon chemin
Une comédie musicale de Flora Gomes, avec Fatou N'Diaye - Musique originale de Manu Dibango. SYNOPSIS Au Cap Vert, tout se fait en chansons : mariages et enterrements, rencontres et ruptures, élections et inaugurations. Seule la jeune Vita n’a pas le droit de chanter. Dans sa famille, une légende ancestrale promet en effet la mort à celle qui s’y essaiera. Avant de partir pour la France poursuivre des études, elle réitère son serment devant sa mère. Jamais la moindre mélodie ne s’échappera de ses lèvres. A Paris, Vita rencontre un jeune musicien, Pierre, et tombe amoureuse de lui. Portée par l’allégresse, elle se laisse aller à fredonner quelques notes. Elle a une voix magnifique. Subjugué, Pierre la convainc d’enregistrer un disque. Mais Vita est terrifiée d’avoir bravé la malédiction. Elle décide de retourner chez elle, d’avouer son acte à sa mère et d’affronter le joug de la tradition... L'AVIS DE LA REDACTION Talentueuse et téméraire Vita, originaire du Cap vert fait ses études à Paris. Son destin se trouve chamboulé lorsqu’elle rencontre un musicien qui croit en elle et la pousse vers les sommets de la chanson. Tout est merveilleux et pourtant…Vita a enfreint la règle, une malédiction… Sans vraiment convaincre mais en donnant le portrait touchant d’une jeune fille tiraillée entre la coutume de son pays d’origine et la passion qu’elle cultive pour la chanson, Flora Gomez propose un film chaleureux bien que saccadé et simplifié mais où l’on sent un vrai désir de cinéma. Les personnages sont toujours touchants et y mettent beaucoup de cœur, tout comme l’actrice Fatou N’Diaye plus belle que jamais. Chanter pour trouver sa liberté et s’affirmer par rapport à son passé, c’est le défi que s’impose avec succès et malice la jeune Vita. Flora Gomez a plus de mal à convaincre, mais semble toutefois bien déterminée à continuer !!! Claire Salères L’AVIS DE LA PRESSE : CinéLive: " Film musical, conte initiatique, le film de Flora Gomes est avant tout un divertissement léger, kitsch, parfois fragile mais débordant d’enthousiasme." Xavier Leherpeur (article entier disponible dans Cinélive n°70, page 62) Studio Magazine : " Une comédie musicale pleine de charme et de fantaisie. Hélas, elle est trop bancale pour convaincre." T.B. (article entier disponible dans Studio Magazine n°191, page 32) Première : " Des figurants s’agitant n’importe comment au son de la world music démodée de Manu Dibango aux pics dramatiques dignes des pires sitcoms TV, on a mal pour la comédie musicale." N.S. (article entier disponible dans Première n°317, page 39.) ENTRETIEN AVEC FLORA GOMES : Que veut dire " Nha Fala " ? Cela veut dire à la fois ma voix, mon destin, ma vie et mon chemin. J’ai voulu porter le regard sur celle de ces notions qui paraît la plus futile, la moins nécessaire : la voix, le chant, cette parole mélangée à la musique, à la fois forme et message, qui a toujours été pour moi un des signes de la liberté. Quand on t’interdit de chanter, ça veut dire qu’on t’interdit de parler, de t’exprimer. NHA FALA, c’est avant tout la rencontre entre un musicien et un cinéaste, qui partagent la même culture et le même souci pour l’avenir de leur continent. Pour Manu Dibango, c’était un véritable pari, parce qu’il ne parlait pas le créole… D’où est venu l’idée de tourner une comédie musicale ? J’avais envie de raconter une histoire résolument optimiste. Dans les dernières années, on a beaucoup parlé d’Afrique de manière négative : les guerres, la famine, la maladie, le sous-développement. Je voulais montrer l’extraordinaire vitalité de ce continent, qui bouillonne de talent. À ma manière très modeste, je voulais rendre hommage aux musiciens africains. La musique est le meilleur moyen d’expression que possède mon pays. Bien sûr, tout n’est pas rose, derrière la joie des danses, je parle des problèmes qui se posent aujourd’hui, dans mon pays, notamment le chômage. Mais le maître mot, c’est l’espoir. Le film est très représentatif de votre pays ? Malheureusement, nous n’avons pas pu tourner en Guinée-Bissau, mais au Cap Vert. Mais ces deux pays sont géographiquement et historiquement très proches, ils ont le même passé colonial. Cela dit, je suis un cinéaste qui ne veut pas s’enfermer dans son univers. Je trouve enrichissant de tourner ailleurs sur le continent que dans mon propre pays. Je voulais faire un film authentiquement africain, et pas simplement guinéen, et le film est la traduction de ce syncrétisme. La musique témoigne aussi de ce métissage. Il était important pour vous de tourner toute une partie du film à Paris ? C’est précisément le thème du film ! La découverte de l’autre, la confrontation à la différence. Je dis toujours, dès qu’il y a blocage, il faut partir, prendre du recul. Tous les grands hommes sont passés par là : même votre De Gaulle est allé à Londres ! C’est le voyage de Vita en Europe qui lui donne la force de gagner sa liberté, secouer le joug des traditions ancestrales. FICHE ARTISTIQUE Fatou N'Diaye : Vita Jean-Christophe Dollé : Pierre Angelo Torres : Yano Bia Gomes : Mère de Vita Jorge Biague : Mito le Fou José Carlos Imbombo : Caminho François Hadji-Lazaro : Bjorn Danielle Evenou : Mère de Pierre FICHE TECHNIQUE Réalisation : Flora Gomes Scénario : Flora Gomes et Franck Moisnard Directeur de la photographie : Edgar Moura Chef Décorateur : Véronique Sacrez Ingénieur du son : Pierre Donadieu Montage Son : Frédéric Demolder Montage : Dominique Paris Musique : Manu Dibango Production : Fado Filmes, Les Films de Mai, Samsa Films