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C'est alors qu'arrive Babette, cuisinière du ''Café Français'' de Paris, fuyant la répression de la Commune. Elle entre au service des deux sœurs et peu à peu, se fait une humble place dans cette communauté rigoriste. Le seul lien de Babette à la France est un billet de loterie qu'une amie lui renouvelle tous les ans.
Après bien des années, Babette gagne 10000 francs.
Elle demande la permission d'offrir à la communauté ''un vrai repas français''. Au cours d'un extraordinaire festin, les esprits se libèrent. Le passé ressurgit alors avec ses émotions, intactes et précieuses. ,
Pour ce moment de joie, Babette a englouti toute sa fortune…
Guide spirituel du village, le pasteur est le fondateur d'une ''congrégation''. Après sa mort, ses deux filles entretiendront les réunions des disciples, non sans division. Nous ne sommes pas loin de la vie des premiers chrétiens décrite par St Luc : on se retrouve autour de l'enseignement du maître et d'un goûter sobre et frugal.
On loue le Seigneur, son incarnation et sa grâce. Manque l'allégresse ! L'âpreté de la vie dans cette contrée arrange bien une rigidité morale et spirituelle où le corps semble nié. hant, observe à la fenêtre un berger avec son mouton… Babette va tout donner, offrir ses compétences d'artiste, en y renonçant d'abord, puis en les révélant… Plus tard, en reconnaissance pour l'accueil, l'intention de Babette d'offrir un dîner français provoque la suspicion.
Babette est accueillie.peu après son arrivée, seule dans la cuisine, elle mange sa soupe au pain. Les sœurs dînent à côté : la lumière est bleue, froide d'austérité. Babette, le visage illuminé par couc
Des denrées inconnues, du vin arrivent au village : le démon serait-il de la partie ? Babette s'active, la cuisine devient un lieu chatoyant de mille couleurs : les plats sont un régal pour l'œil. Dans la salle à manger, l'austère table en bois est habillée pour l'occasion : le bleu devient or.
C'est l'heure ! Pour résister à la tentation, les convives ont décidé de garder le silence, mais les corps exprimeront la merveille de l'instant. L'artiste a donné la vie. Le repas bouleverse l'ancien rituel : objet d'une communication nouvelle, il se veut temps et lieu d'accès à la transcendance : .
Le repas ne se limite pas à une euphorie sensuelle. Le groupe des disciples qui s'était défait autour de la table précédente, se refait par la table de Babette et l'acceptation du fait qu'ils ont un corps, non comme une puissance de mort maléfique mais comme lieu possible d'une présence divine : la réconciliation n'en est-elle pas le signe le plus manifeste ?
Le spirituel serait-il dans le plus corporel ? Le billet de loterie est dépensé pour la gratuité. L'argent est converti en grâce, le rigorisme en joie
S'Ils vendaient leurs propriétés et leurs biens, pour en partager le prix entre tous''
La communauté renouvelée peut poursuivre ses rencontres, ses partages, sa louange dans l'allégresse. Babette, une apôtre ? En tout cas, au paradis, elle enchantera les anges !
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